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Quelques conseils (largement inspirés du Guide du Chaton de Royal Canin), commentaires, trucs ou astuces et autres condidérations pour tous les (futurs) propriétaires de chats ou chatons 

 

 "Avez-vous déjà vu un chaton en colère ? Cela en vaut la peine. Il traverse la pièce en marchant comme un crabe, faisant le gros dos, furibond, le pelage tout hérissé, la queue en rince-bouteilles, la moustache en bataille, la gueule grande ouverte, soufflant de rage. Mais, de grâce, ne vous moquez pas de lui. Un chaton a sa fierté.
L'une des premières leçons que retient un chaton est qu'en cas de chute, il faut toujours faire semblant de l'avoir fait exprès.

Si le chiot aime que l'on se moque de lui, le chaton, lui, se vexe à mort !"
P. Brown, Les Chatons, éd. H. Exley

 

 

 

 

1) Chat de race ou chat de maison ?

C'est sans doute la première question à se poser lorsque l'on veut "adopter" un félin domestique. 
Nous allons donc essayer de dégager les avantages et les inconvénients de cette alternative.

Les origines et la santé :
Il est excessivement rare que l'on connaisse les ascendants des chats de maison. En effet, si la mère est connue, le père (ou les pères) l'est (le sont) beaucoup plus rarement.
Par contre, si vous optez pour un chat de race, vous aurez un pedigree qui vous indiquera les origines de votre chat sur au moins 4 générations.

Les chats de maison, étant souvent des chats qui vivent en toute liberté, sont beaucoup plus exposés aux maladies endémiques (FIV, FLV, PIF, etc.) et même si la mère des chatons est vaccinée, rien ne vous garantit que le père, lui, l'était. Ils sont donc beaucoup plus souvent porteurs (même sains) de toutes sortes de maladies (qui peuvent se déclarer un jour ou l'autre, à l'occasion d'un stress ou d'un traumatisme).
Les chats de race, eux, sont vaccinés. Leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents, etc. l'étaient également. Certains éleveurs font régulièrement tester leurs reproducteurs pour être sûrs qu'il n'y a aucun risque. De plus, les chats de race sortent rarement (pour ne pas dire jamais) en toute liberté. Leur espérance de vie est potentiellement plus élevée que celle de leurs cousins, les chats de maison.

Le comportement et la sociabilisation :
Les chatons de maison "poussent" souvent tout seuls, avec la seule compagnie de leur mère et de leurs frères et soeurs. Ils sont donc, souvent, plus "sauvages" et moins bien sociabilisés.
Les chats de race, eux, "poussent" sous haute surveillance et les éleveurs ont à coeur de les sociabiliser parfaitement avant de les céder à leurs futurs propriétaires. Ils sont donc souvent plus câlins, plus familiers. De plus, ils sont beaucoup moins épris de liberté que leurs cousins.

Le prix :
Là, évidemment, il n'y a pas photo (mais c'est comme pour les voitures, par exemple, on ne compare pas une Lada et une Porsche) ! 
Les chats de maison ne coûtent rien ou presque (du moins au moment de l'acquisition). Il suffit bien souvent de les faire vacciner et puis c'est tout.
Le prix des chats de race varie de 300 à 1500 euros (ce sont des moyennes, il y a peut-être des races moins chères et d'autres plus chères - c'est aussi une question de "mode", de rareté, etc.). 
Bigre ! ce n'est pas rien, évidemment ! 
Mais ne croyez surtout pas que pour l'éleveur se soit du bénéfice pur... 
D'abord, il lui a fallu acheter au moins une femelle reproductrice (voir prix ci-dessus), la faire participer à des expositions (pour voir si elle correspond bien aux critères de la race et est "digne" de procréer - il faut compter entre 20 et 25 euros de participation + le déplacement, les frais sur place, etc.). 
Ensuite, il a dû acheter un mâle (même prix) ou faire saillir sa femelle chez un autre éleveur (250 à 300 euros). 
Ajoutez à cela les visites du véto (au moins une durant la gestation, une à la naissance des chatons, une au moment du sevrage), les vermifuges, les vaccins, la nourriture (de marque, si l'on veut de beaux chats, bien solides) et vous comprendrez facilement que, lorsqu'on choisit d'élever une race de chat, c'est beaucoup plus par passion pour cette race que par goût du lucre et du profit !

L'allure et la beauté :
Là, on nage en pleine subjectivité, évidemment !
Tout le monde connaît de superbes chats de maison...
Mais je n'ai quand même jamais rencontré, parmi les chats de maison, de persan, de maine coon, d'oriental ou de sphynx !
Donc, c'est affaire de goût. Si vous avez envie d'avoir un chat bien typé, que vous craquez pour une certaine allure, pour des poils longs ou frisés ou "pas de poil", vous n'aurez d'autre choix que d'opter pour un chat de race.

"Splendeur des formes et couleurs, noblesse du pas, mystère du regard, le chat de race véhicule dans notre monde urbanisé moderne, la magie du félin de nos rêves.
Il est pourtant victime d'une véritable injustice : il ne représente aujourd'hui, qu'à peine plus de 6% de la population totale des chats, alors que le pourcentage des chiens de race, ou assimilés, dépasse les 60% !
S'il est coutume de choisir son chiot, on "hérite" bien souvent d'un chaton de circonstance. Et c'est dommage, tant un chat de race peut être fascinant..." (H. Lagarde, in Chats de race, ed. Royal Canin)

De toute façon, quelle que soit votre décision finale, votre chat sera, à vos yeux, le plus beau du monde, le plus câlin, le plus "mimi", etc.

 

2) Accueil du chaton :

Durant ses douze premiers mois de vie, le chaton va découvrir son environnement, se développer, prendre des repères, se sociabiliser et apprendre les relations hiérarchiques qui conditionneront le reste de son existence. Lorsque vous décidez d'adopter un chaton, vous devenez responsable de cette phase décisive de sa vie.

Tout d'abord, planifiez son arrivée chez vous plutôt un week-end, comme cela vous aurez plus de temps à lui consacrer et pourrez l'aider à découvrir son nouvel environnement. 
Transportez-le en toute sécurité dans une cage de transport (plutôt qu'en liberté dans votre voiture) - sachez que la plupart des chats détestent la voiture (Blue Baïse est une exception qui confirme la règle, elle, elle adore !).
Arrivés à la maison, laissez-le "faire le tour" des lieux. 
Montrez-lui où se trouvent sa nourriture, sa litière, son panier ou son coussin, ses jouets, etc. 
Evitez les cris et les gestes trop brusques. Si vous avez des enfants (qui ne sont pas habitués à posséder un jeune animal), expliquez-leur bien qu'il ne s'agit ni d'un jouet ni d'une peluche, mais bien d'un petit être vivant comme eux et qu'il a besoin d'énormément de sommeil.
Manipulez-le avec précaution, glissez une main, largement ouverte, sous son ventre. Ne le prenez surtout pas par les deux pattes de devant ou par la tête.
S'il fait des bêtises, vous pouvez le prendre par la peau du cou comme le faisait sa maman (pour le transporter ou pour le rappeler à l'ordre).

 

 

3) Intégration dans le nouveau foyer :

Sachez qu'un chat adulte n'apprécie souvent que très moyennement l'arrivée d'un chaton sur son territoire. L'acceptation totale demande de quelques jours à, parfois, plusieurs semaines ! Une relation hiérarchique s'installera entre vos chats et il vous faudra la respecter.
Un petit truc : prélevez des sécrétions faciales sur les joues et le front du chaton, avec un chiffon et frottez-en le bas des murs de vos pièces afin que votre "ancien" chat s'habitue à son odeur.
Ne laissez pas votre chaton sortir avant qu'il ne soit complètement vacciné.

Apprenez aussi à regarder où vous mettez les pieds, car il aura certainement la fâcheuse tendance de vous filer entre les jambes !

Par instinct, le chaton ne mange pas les plantes qui lui seraient toxiques, mais il est quand même prudent d'éviter d'en conserver dans votre foyer. 
Voici une liste (non exhaustive) des plantes d'intérieur et d'extérieur qui sont potentiellement toxiques pour nos amis félins :
 Aucuba - Azalée - Cyclamen - Diffenbachia - Ficus - Houx - Gui - Glycine - Laurier-rose - Lierre - Philodendron - Poinsettia - Pois de Senteur - Pommier d'amour - Rhododendron

Attention aux plaques électriques allumées ou chaudes ainsi qu'au fer à repasser !

Si vous souhaitez changer l'alimentation de votre chaton, ne le faites pas brutalement, sous peine de provoquer des troubles digestifs (vomissements, selles molles, diarrhées). Attendez qu'il ait surmonté le stress de son arrivée chez vous, puis opérez la transition entre l'ancien et le nouvel aliment sur une semaine au moins.
Ne lui donnez pas de restes de table.
Veillez à ce qu'il ait toujours de l'eau fraîche à sa disposition (surtout pas de lait !).

Si vous ne souhaitez pas qu'il élise domicile dans votre chambre à coucher, ne cédez pas la première nuit, même s'il miaule.

Sachez aussi qu'un chaton qui a été manipulé par plusieurs personnes dès son plus jeune âge sera plus ouvert sur la vie et sa curiosité d'autant plus grande. De même, sa familiarisation avec les différents bruits de la vie quotidienne (portes qui claquent, aspirateur, cris d'enfants, bruits de moteur, etc.) lui permettra de s'intégrer parfaitement à l'environnement de son nouveau foyer.

 

 

4) Aires de vie d'un chat(on) :

Le chaton organisera sa vie, au sein de votre foyer, autour de 4 aires différentes. Vous devrez respecter cette organisation en essayant de ne pas la perturber (au risque de provoquer chez lui des troubles du comportement) :

- l'aire de repos (évolue en fonction de l'ensoleillement et des sources de chaleur qui sont recherchées en priorité - radiateur, feu ouvert, tablette de fenêtre, etc.),

- l'aire de propreté (facilement accessible en permanence, isolée de sa gamelle et de votre aire de vie - un renfoncement ou un coin de pièce où il n'y a pas beaucoup de va-et-vient)

- l'aire de jeu (en pratique, c'est souvent la totalité de la maison !)

- l'aire d'alimentation (un récipient pour la nourriture sèche, un autre pour la nourriture "humide" - si vous décidez d'en donner - et un dernier pour l'eau, qui doit être changée régulièrement - les chats ne sont pas de "gros" buveurs d'eau, mais ils apprécient l'eau fraîche)

 

 

5) Soins :

N'ayez pas peur de lui couper les griffes (cela épargnera vos meubles !) même si vous mettez un griffoir à sa disposition. S'il y a été habitué très tôt, ce n'est pas "l'opération" qu'il préfère, mais il vous laissera faire sans trop rechigner.

Inspectez-lui régulièrement les oreilles, car aucun chaton n'est à l'abri de la gale d'oreilles (il s'agit d'un acarien et, comme le dit notre vétérinaire, il suffit que passe une femelle "gale" bien pleine et qu'elle décide d'élire domicile dans les oreilles de votre protégé). Ce n'est pas grave, mais il faut impérativement traiter le plus rapidement possible (avec de la crème ou une lotion appropriée).

Habituez-le à un brossage (ou un peignage) hebdomadaire. Cela suffira pour entretenir son pelage, éliminer les poils morts, la bourre (le sous-poil) et pour contrôler qu'il n'a pas de "squatters" indésirables (puces, tiques, etc.).

 

 

6) Câlins, ronrons et cie :

Savez-vous pourquoi les chat(on)s ronronnent ? 
En fait, il s'agit d'un phénomène qui existe chez tous les bébés félins, c'est un mode de communication avec la mère (lors de la tétée, de la toilette, des soins, etc.), et qui disparaît normalement chez les adultes. 
Alors, me direz-vous, pourquoi les chats adultes continuent-ils à ronronner ? 
Tout simplement, parce qu'ils nous considèrent, nous humains, comme des Super-mamans tout au long de leur vie. Ils viennent donc nous réclamer protection, nous manifester soit leur excitation soit leur état de manque ou de "détresse émotionnelle". 
Le ronronnement est la plupart du temps synonyme de plaisir et de contentement, mais pas toujours : en effet, lorsque le chat est particulièrement en détresse (en fin de vie, quand il souffre beaucoup, quand il est grièvement blessé...), il peut également se mettre à ronronner, c'est sa manière de vous signaler qu'il va mal, qu'il se sent fragilisé.

Lorsqu'il se frotte sur vous, la tête contre vos jambes ou la tête contre votre visage, c'est pour vous "marquer" (comme il marque son territoire) à l'aide de ses sécrétions faciales. C'est de cette façon, également, que les chats d'une même maison marquent leur appartenance à un groupe bien particulier dont les chats "étrangers" se retrouveront exclus. Le fait de se toiletter mutuellement participe du même phénomène : renforcer les liens entre individus d'un même groupe.

Les chatons ont souvent l'habitude de mordre ou de griffer lorsqu'ils jouent (entre eux) et ils ne font pas toujours la différence lorsqu'ils jouent avec vous : ne les laissez pas faire, en tout cas pas trop ! car vous vous rendriez à tous deux un très mauvais service. En effet, plus tard, votre chat ne fera pas la différence et continuera à vous mordre ou à vous griffer (c'est ainsi que des gens ont de véritables "fauves" chez eux, que personne n'ose approcher et dont tout le monde se méfie comme de la peste). Apprenez à lui dire NON, de façon ferme et n'hésitez pas à lui pincer la peau du cou et à secouer doucement de gauche à droite, il comprendra qu'il ne peut pas continuer. Ensuite, câlinez-le et parlez-lui doucement. Les chats sont très intelligents et sont tout aussi capables que les chiens d'apprendre et de retenir, simplement, ils sont beaucoup plus indépendants et préfèrent que ce soit nous les humains qui marchions à la baguette... 

 

 

7) Contraception, conception ou castration :

C'est un choix que vous serez peut-être amenés à faire à un moment ou un autre. 

Commençons par le moins bon des trois : la contraception
Elle n'existe évidemment que pour les femelles, dont les premières chaleurs peuvent apparaître entre 6 et 12 mois, cela dépend en partie de la race de votre chatonne et de la période de l'année. 
En effet, les deux grosses périodes de chaleur chez les chattes sont le printemps et la fin de l'été. 
Il faut savoir que les chattes sont une espèce à ovulation différée. C'est-à-dire que l'ovulation ne se produit qu'après l'accouplement (c'est ce qui explique que dans une même portée, les chatons puissent être de pères différents). Donc si votre chatte n'est pas saillie, elle sera en chaleur durant six ou sept jours puis son cycle s'arrêtera durant une dizaine de jours et reprendra jusqu'à l'accouplement ou la fin de la période de chaleurs (environ trois mois).
Si votre chatte sort et que vous ne voulez pas qu'elle ait des petits, il faudra soit la faire castrer soit lui donner la pilule. 
Il en existe deux : une que vous devez donner tous les quinze jours et une autre, plus faiblement dosée, que vous donnez toutes les semaines. 
Mais sachez que ce n'est pas bon pour votre chatte, car, à la longue, cela augmente les risques de cancer (des ovaires ou des mamelles) et puis, au final, cela vous coûtera aussi cher qu'une stérilisation.

La seconde possibilité, c'est la stérilisation.
Contrairement à certaines idées reçues, il n'est pas nécessaire que votre chatte ait eu une première fois des chaleurs pour la faire stériliser (ni qu'elle ait eu une fois des petits). Le chaton ou la chatonne peuvent être stérilisés à partir de six mois. L'opération est un peu plus coûteuse pour une femelle (chirurgie interne) que pour un mâle (chirurgie externe). 
La stérilisation prolonge la vie de votre chat(te). Le seul inconvénient est qu'elle risque de lui faire prendre du poids, mais il existe maintenant beaucoup de nourritures adaptées aux chats castrés.
C'est la meilleure solution, si vous ne voulez pas que votre chat ait une descendance.

La troisième possibilité, c'est la conception.
Idéalement, il vous faudra attendre que votre chatonne ait au moins 15 mois (plus tôt, ce serait trop tôt...). Quant aux chats, certains ne sont pubères qu'à partir de 18 voire 24 mois. 
Il faut laisser le mâle et la femelle ensemble durant plus ou moins sept jours, dans un endroit tranquille (et oui, eux aussi ont besoin d'intimité !). 
Vous devez savoir également que l'accouplement n'est pas tout à fait une partie de plaisir pour la femelle, c'est la raison pour laquelle vous l'entendrez "hurler" en fin d'acte. En effet, le pénis du chat comporte de petites "épines" qui servent à stimuler l'ovulation chez la chatte. L'accouplement est donc douloureux pour les femelles. 
Le nombre de chatons dépend du nombre d'accouplements.
Chaque embryon aura son propre sac vitellin et son propre placenta.
La gestation dure de 60 à 64 jours.

 

 8) Quelques principes élémentaires de génétique féline :

 d'après le site Pawpeds - cours de génétique féline d'Ulrica Olsson - traduit par Catherine Muller-Sautreau, chatterie d'Ailuropus http://www.pawpeds.com/pawacademy/courses/genetics/index_fr.html

 Quand on débute l'élevage, le minimum serait d’apprendre comment les couleurs sont transmises chez les chats.

Pour cela, il est tout d'abord nécessaire d'apprendre à reconnaître les différentes couleurs et les différents patrons

 

Le chat domestique "originel" est un chat brun, agouti, à poils courts. Toutes les autres couleurs et les différents patrons sont apparus plus tard, par mutations.

Les chromosomes

 

Pour chaque paire chromosomique d'un individu, un chromosome est hérité de la mère et l'autre du père. Le sexe de cet individu dépend du spermatozoïde qui féconde l'ovule : s'il contient un chromosome X, on a une femelle, et s'il porte un chromosome Y, cela donne un mâle.

 

Les différentes versions d'un gène spécifique sont appelées allèles. Tout organisme possède deux allèles déterminant chaque caractère, et chaque allèle est hérité d'un des parents.

Chaque cellule reproductrice comporte seulement un allèle issu de la paire allélique du parent.

Lors de la fécondation, une nouvelle combinaison est créée.

Les deux allèles d'une paire chromosomique peuvent être identiques : dans ce cas, l'individu est dit homozigote pour cette paire d'allèles.

 

Durant la division cellulaire, les chromosomes homologues d'une même paire s'apparient et s'enjambent pour échanger des fragments d'ADN. Ce phénomène est appelé crossing-over ou recombinaison.

De cette façon, le chromosome qu'un individu hérite de sa mère contient en réalité des fragments du chromosome de sa grand-mère maternelle et des fragments du même chromosome de son grand-père maternel.

Toutefois, il n'en demeure pas moins que des allèles situés sur un même chromosome tendent à être associés les uns aux autres : les gènes en question sont alors dits "liés".

 Roux et/ou noir ?

Il existe seulement deux types de pigments différents: l'eumélanine, qui donne la couleur noire, et la phæomélanine, qui donne la couleur rousse.

Un mâle ne peut exprimer qu'un seul des types de pigmentation, tandis qu'une femelle peut avoir les deux (écailles de tortue ou tortie).

Cela tient au fait que le gène déterminant la pigmentation est situé sur le chromosome X. Donc son mode de transmission est lié au sexe (gonosomique). Puisqu'un mâle a un chromosome X et un chromosome Y, il peut seulement porter SOIT l'allèle codant pour la pigmentation noire, SOIT l'allèle codant pour la pigmentation rousse. La pigmentation d'un chat mâle vient donc toujours de la mère.

A l'inverse, les femelles ont deux chromosomes X : elles peuvent donc porter A LA FOIS un allèle codant pour le noir et un allèle codant pour le roux. Aucun de ces deux allèles n'est dominant sur l'autre (ils sont codominants), donc la chatte pourra être à la fois rousse et noire, c'est-à-dire tortie ou écaille. Bien sûr, une femelle peut aussi porter l'allèle codant pour le noir sur ses deux chromosomes X : dans ce cas, elle sera noire. Elle peut tout aussi bien porter l'allèle codant pour le roux sur ses deux chromosomes, et exprimera alors le roux.

En matière de robe féline, cela ne concerne que l'alternative noir et/ou roux.

Les gènes déterminant le silver, le tabby et le non-tabby, la dilution, etc. ont un mode de transmission qui n'est pas lié au sexe (autosomique).

  

Tabby (agouti) ou non-Tabby (non agouti) ?

Chez un chat tabby, certains poils sont rayés et les autres sont entièrement colorés.
Par exemple, chez un chat brown tabby, les poils des zones sombres sont uniformément noirs, tandis que les poils des zones brunes alternent schématiquement des bandes noires et brunes.

La version non tabby du brown tabby est le black solid (uni).

L'allèle déterminant l'expression du non-tabby est récessif
Ainsi, les deux parents doivent être porteurs de l'allèle non-tabby pour que leurs descendants puissent être non-tabby.

Néanmoins, sur les chats roux, le gène non-tabby n'agit pas si bien: les chats roux non-tabby présentent des marques analogues à celles qu'ils pourraient exprimer s'ils portaient effectivement l'allèle tabby. Pour déterminer si un chat roux est tabby ou non-tabby (self), on observe la zone située entre le nez et la bouche: un chat tabby y présentera une couleur blanche ou très pâle, tandis qu'un chat non-tabby a une couleur à peu près similaire au reste de la tête à cet endroit. La même chose vaut pour les chats à la robe crème. On peut aussi regarder les bords de l'intérieur des oreilles: ils sont plus clairs chez un chat tabby que chez un chat non-tabby. 

 Blotched, mackerel, ticked or spotted ?

Cette question ne concerne que les chats tabby.

 

Un chat mackerel présente, comme un maquereau, des rayures verticales relativement fines sur le corps (il est "tigré").
Chez un chat blotched, les bandes sombres des rayures sont plus larges et le dessin est davantage marbré.
Un chat spotted est tacheté.
Un chat ticked a une bande sombre le long de l'épine dorsale, qui se prolonge jusqu'au bout de la queue. En revanche, sur le reste du corps, il est un pur agouti sans aucun dessin. On appelle aussi cela le patron abyssin.

 

Les trois patrons blotched tabby, mackerel tabby et ticked sont déterminés par trois allèles différents qui se disputent un même locus.
L'allèle codant pour le ticking est dominant sur les deux autres, et l'allèle du mackerel est dominant sur l'allèle déterminant le patron blotched.

 Dilution ou non ?

Sous l'action du gène de la dilution, les couleurs ont l'air moins denses.
A l'œil, la robe paraît plus claire, exactement comme un mélange de grains de sable noirs et blancs semble gris.
L'allèle déterminant la dilution est récessif.

Sous son action, un chat black deviendra blue et un chat red sera cream. Quant au brown tabby, il devient un blue tabby.

Chocolate (chocolat) or cinnamon (cannelle)/sorrel ?

Sous l'action de l'allèle chocolate, le pelage a l'air plus clair, pour des raisons indépendantes de l'action de l'allèle de la dilution. 
Chez les chats chocolate, les granules pigmentaires noires, qui sont rondes à l'état non-mutant, s'aplatissent légèrement. De la sorte, la lumière s'y réfracte davantage et la robe paraît plus claire. 
Cet allèle est également récessif. 
Un chat qui aurait été black en son absence prend une couleur "chocolatée", comme le nom l'indique. 
Un chat blue devient lilac (lilas). 
L'allèle chocolate n'a pas d'influence sur la pigmentation rousse, donc un chat red reste red, et un cream demeure cream. 
L'allèle chocolate est d'abord apparu chez le Siamois. On peut donc le rencontrer dans toutes les races qui admettent le patron point des Siamois.

 L'allèle cinnamon/sorrel aplatit encore davantage les granules pigmentaires, de sorte que la robe paraît encore plus claire. 
Cet allèle est récessif aussi bien par rapport à l'allèle chocolate que par rapport à l'allèle déterminant une pigmentation normale
Un chat exprimant la dilution qui est aussi homozygote pour la paire allélique cinnamon/sorrel est de couleur fawn (faon). La nuance de sa robe est alors plus proche du beige ou de l'ivoire. L'allèle cinnamon n'a aucun effet sur les couleurs rousse ou crème.

 Le patron Color point

 Les chatons au patron siamois naissent d'abord complètement blancs. 
La coloration du masque n'apparaît pas avant la première semaine au minimum. En effet, chez un chat au patron siamois, les cellules ne peuvent pas produire de pigment si la température est trop élevée : tant que les chatons sont confortablement installés dans le ventre de leur mère, bien au chaud, aucun pigment ne se développe. 
Après leur naissance, la température baisse suffisamment pour que des pigments soient fabriqués aux extrémités les plus froides, telles que les oreilles, les pattes et la queue. 
Ce phénomène d'interdépendance entre la pigmentation et la température est appelé acromélanisme.

Silver ou Smoke ?

L'allèle silver est dominant
Il inhibe le développement de la pigmentation sur le poil. Le sous-poil sera blanc, tandis que l'extrémité du poil conservera sa couleur. 
Chez un chat tabby, l'expression la plus évidente du silver se verra dans les zones plus claires, entre les marques sombres du tabby. Un chat silver et non-tabby (solid) sera appelé smoke.

Le chat blanc

L'allèle qui rend un chat totalement blanc est dominant
Cet allèle inhibe le fonctionnement normal des cellules responsables de la coloration du poil : aucune coloration n'est produite. 
Un chat complètement blanc peut ainsi porter les allèles déterminant le black/le red, le tabby/le non-tabby, la dilution/la non-dilution, etc. 
L'allèle du blanc dominant est donc épistatique.

Les chats totalement blancs ont souvent une tache de couleur sur le crâne à la naissance. Celle-ci disparaît quand le chat développe sa fourrure adulte. Cette tache peut permettre de savoir quelle couleur le chat porte sous son manteau blanc.

Les chats totalement blancs sont souvent sourds: cela est dû à une dégénérescence de la cochlée dans l'oreille interne. La surdité est résolument plus fréquente chez les chats blancs aux yeux bleus que chez ceux qui ont les yeux jaunes, même s'il y a aussi des chats blancs aux yeux jaunes qui sont sourds et des chats blancs aux yeux bleus qui entendent parfaitement bien. La surdité peut aussi ne toucher qu'une seule oreille. C'est souvent le cas des chats aux yeux vairons, l'oreille sourde étant située du même côté que l'œil bleu.

Les marques blanches

Le mode de transmission des marques blanches des particolores demeure toujours incertain.

La théorie généralement acceptée propose qu'un allèle à dominance incomplète, noté S (le gène pie), induit un certain degré de marques blanches. ss indiquerait un chat sans blanc. Ss donnerait un chat bicolore (les pattes et les jambes, le plastron et le museau étant recouverts de blanc). SS donnerait un chat avec beaucoup de blanc, comme les arlequins ou les vans.

 

Le rufisme

Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle religion !

Sous le terme de rufus, on inclut les assez larges variations de la pigmentation brune des chats.

La quantité de rufus détermine si un chat brown tabby aura un brun chaud ou une couleur plus grisonnante.

De même, elle détermine si un chat red sera d'un roux profond et chaud ou d'une nuance orangée et pâle. On rencontre toutes les nuances entre ces deux extrêmes.

Plus il y a de rufus, plus la couleur est chaude.

 

Les « écailles de tortue »

Qu'est-ce qui fait que, chez une écaille, certaines zones sont rousses, et d'autres noires? 
Quelques jours après la fécondation, quand la première cellule s'est divisée en de nombreuses cellules identiques, l'un des chromosomes X (qui code le roux ou le noir, faut-il le rappeler !) est rendu muet dans chaque cellule : pour le reste de la vie de l'individu, il n'y aura qu'un seul des chromosomes X qui fonctionnera
Le chromosome X inactivé est déterminé au hasard. 
Dans les divisions cellulaires ultérieures, toutes les cellules-filles auront le même chromosome X inactivé que dans les cellules-mères. 
C'est ce qui fait que la chatte présente un mélange de marques rousses et noires, comme une mosaïque.

 

Un mâle ne peut pas être écaille puisqu'il a seulement un chromosome X. 

Pourtant, de temps en temps, il y a un mâle écaille dans une portée.

Comment est-ce possible?

Il faudrait qu'il ait deux chromosomes X !

C'est exactement comme cela qu'on explique l'existence de mâles écaille. Ils ont un problème au niveau de leur chromosomes : ils ont deux chromosomes X et un chromosome Y.

Soit la mère a transmis ses deux chromosomes X par son ovule, soit le père a transmis son chromosome X et son chromosome Y via son spermatozoïde.

On appelle ce phénomène le "syndrome de Klinefelter".

Le chromosome surnuméraire induit la stérilité.

 

Poils courts ou poils longs ?

L'allèle induisant les poils longs est récessif.

Les longueurs de robe différentes que l'on peut observer entre un Persan et un chat à poils mi-longs (comme par exemple un Ragdoll) sont dues à des polygènes modificateurs, c'est-à-dire des gènes en interaction aux effets amplifiants ou minorants, desquels dépendent toutes les variations entre poils longs et poils courts.

  

 

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